Christophe Dalecki – En vert et contre tout - Louis Doucet, janvier 2010
Catalogue personnel du MARQ en 2010


Grau, theurer Freund, ist alle Theorie,

Und grün des Lebens goldner Raum

Johann Wolfgang von Goethe, Faust

Le vert est à la mode, le vert est important… Convaincu ou non, chacun est invité à se ranger sous la bannière de cette idée reçue, sous peine de faire figure de rustre ou de détoner dans le morne consensus social, politique et culturel qui prévaut. Le retour à la nature est de rigueur, revendiqué, même par ceux qui ne savent pas distinguer un chêne d’un noisetier… A contrario, les matières plastiques ont mauvaise presse. Le plastique pollue, passe pour vulgaire, s’oppose à une vision hédoniste d’un monde idyllique, ancrée, elle aussi, dans d’autres idées reçues, revendiquant des traditions parfois créées de toutes pièces pour répondre à des besoins qui ne sont pas toujours exempts de préoccupations mercantiles.

Depuis plusieurs années, Christophe Dalecki nous interpelle par son projet de dynamitage simultané de ces deux truismes contemporains. Partant d’objets en matière plastique verte, il crée des végétations, impressionnantes par leur foisonnement, dérangeantes par leur présence souvent insidieuse, mais qui restent, cependant, désespérément stériles, inaptes à toute culture, à toute reproduction naturelle, malgré leur apparente irrépressible prolifération. Il est important de noter que les objets en matière plastique verte que Dalecki utilise pour la construction de ses œuvres ne sont pas des objets de récupération, comme ceux auxquels Cragg recourt pour la composition des ses installations. Les objets de Dalecki sont neufs, choisis dans des magasins, achetés et stockés pour une utilisation future. Ce sont, pour le sculpteur, ce que les tubes de peinture sont au peintre  : un matériau de base. Rien de plus. Il ne faut donc pas voir, ici, une quelconque tentative de rédemption de l’objet délaissé, transfiguré par le geste créateur de l’artiste. Nous sommes aux antipodes de la démarche des art-brutistes ou des épigones de l’Arte Povera. Nous nous plaçons, ici, dans le registre du détournement, pas dans celui du recyclage.

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Christophe Dalecki

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Christophe Dalecki

11, rue de la Parlette

63000 Clermont-Ferrand

Tel. +33 (0)4 73 25 32 47

Mobile : 06 83 06 49 66

christophe.dalecki@orange.fr


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Christophe Dalecki, Traité général de botanique sculpturale - Frédéric Bouglé, mai 2007

Texte écrit et publié pour le catalogue de résidence de Christophe Dalecki au Collombier (Cunlhat)


Fibrilles filamenteuses, flores fibreuses, plantes fourragères, boqueteaux chimériques, bouquets fontaines, bottes, buissons serrés, gerbes effilées, c’est avec autant de compositions variées que la sculpture ici va s’apparier. Christophe Dalecki, artiste autodidacte, conçoit dans l’actualité géoéconomique, des constructions qui s’inspirent de l’épopée du monde végétal, de ses structures libres, de ses épanouissements spatiaux, mais en niant sa matière éphémère périssable. Il agence dans cette optique des objets en plastique*. Le plastique, affirmait Roland Barthes dans Mythologies, « est moins objet que trace de mouvement », une démarche composite, et qui étire ses référents historiques en profondeur et dans la notion sculpturale d’assemblage, le pop art d’hier, Jean-Luc Vilmouth, Oldenbourg, Tony Cragg, la nouvelle sculpture anglaise.

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Christophe Dalecki - Sophie Biass-Fabiani, 2005

Texte écrit et publié pour le catalogue personnel, Petit livre vert…, Clermont Communauté


Christophe Dalecki travaille sur la question essentielle de la frontière entre nature et culture. La question est  centrale pour l’anthropologie et la philosophie en général. Elle est aujourd’hui une préoccupation politique majeure. L’artiste ne propose aucune thèse ni aucune démonstration. Le mode d’intervention qu’il choisit ne présente aucune dimension didactique et aucune réponse assurée. Christophe Dalecki procède par une série de petits glissements. Un des mots-clés de son travail est la notion de métamorphose  : il a recours à un système de transformations. Les objets techniques sont extraits de leur environnement fonctionnel et sont réutilisés pour mimer la nature. Ainsi les tuyaux d’arrosage deviennent les lianes d’une jungle de plastique. On peut voir dans ces métamorphoses un clin d’œil ironique à la problématique classique de la mimésis en art. L’artiste imite la nature et quelquefois l’imitation est réussie mais l’emploi récurrent de matériaux de synthèse installe d’emblée le travail dans sa dimension artéfactuelle.

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Louis Doucet Frédéric Bouglé Sophie Bass-Fabiani