Christophe Dalecki, Traité général de botanique sculpturale - Frédéric Bouglé, mai 2007

Texte écrit et publié pour le catalogue de résidence de Christophe Dalecki au Collombier (Cunlhat)


Fibrilles filamenteuses, flores fibreuses, plantes fourragères, boqueteaux chimériques, bouquets fontaines, bottes, buissons serrés, gerbes effilées, c’est avec autant de compositions variées que la sculpture ici va s’apparier. Christophe Dalecki, artiste autodidacte, conçoit dans l’actualité géoéconomique, des constructions qui s’inspirent de l’épopée du monde végétal, de ses structures libres, de ses épanouissements spatiaux, mais en niant sa matière éphémère périssable. Il agence dans cette optique des objets en plastique*. Le plastique, affirmait Roland Barthes dans Mythologies, « est moins objet que trace de mouvement », une démarche composite, et qui étire ses référents historiques en profondeur et dans la notion sculpturale d’assemblage, le pop art d’hier, Jean-Luc Vilmouth, Oldenbourg, Tony Cragg, la nouvelle sculpture anglaise.

Glamour-moderne, astucieuse, poétique, ouverte à tous les publics, l’œuvre est construite d’assemblages de petits ustensiles simples et bon marché, tous en matière thermoplastique ou thermodurcissable, et le plus souvent verts  : sacs, fourchettes, gaines, coquetiers, saladiers, gobelets, paillassons, vaisseliers, verseurs, récipients, pelles, arrosoirs, peignes, brosses, éponges… Des outils et ustensiles à priori familiers, sans esthétique admise, sans intérêt particulier sinon leur fonction première, et qui, une fois usagés, se retrouvent le plus souvent jonchant nos paysages. Le but de l’artiste n’est pourtant pas de recycler artistiquement ces objets, il se les procure d’ailleurs dans l’éclat du neuf.Il s’agirait davantage de les détourner, de les retourner, de les compiler, de les relier, de les greffer. Il s’agit d’aboutir, à partir de cette matière lisse, de cette absence de sens et de grâce, à l’illusionnisme d’un charivari rétinien, à une foison de textures nouvelles, à une sorte de bacchanale sculpturale dans l’apparat, hors d’âge, d’une nature végétale.

Droit comme un tuteur, d’humeur enjouée, un brin d’arrogance souriante, Christophe Dalecki collecte tout ce qu’il peut trouver comme objets, recréant alors, avec toute l’ingéniosité de son art, une vision rajeunie et imputrescible de l’univers végétal. La couleur verte, il se l’approprie avec la conscience qui est la sienne, rien de l’idéologie chlorophylle, rien, même, de son signifiant écologique ou hiberien.Comme le soutient Michel Pastoureau dans ses définitions des couleurs, au Moyen Age, et encore à la Renaissance, la couleur verte ne reflétait même pas la nature. Tout au contraire, on se méfiait du vert. Molière serait mort serait mort costumé d’un habit de cette couleur, les démons médiévaux étaient verdâtres, et Mondrian en craignait l’utilisation. Christophe Dalecki, lui, ni ne le vénère ni ne le craint. Il fait éclore le vert, qu’il soit sain ou délétère. Il le fait fleurir dans un paysage, dans un bois, dans une cour, dans un jardin, et même sous la blanche neige.



Christophe Dalecki

Textes

Christophe Dalecki



Christophe Dalecki
Installations intérieures

Dans le végétal

Dans le bâti

Sculptures

Œuvres en 2 D

Voir en archives

Biographie

Bibliographie

Presse

Mentions légales / Legal notices


Christophe Dalecki

11, rue de la Parlette

63000 Clermont-Ferrand

Tel. +33 (0)4 73 25 32 47

Mobile : 06 83 06 49 66

christophe.dalecki@orange.fr


 Site réalisé par Personal Design - 2016-2017 - Tous droits réservés                                   

Louis Doucet Sophie Bass-Fabiani